Produits laitiers et cancer de la prostate

Selon des autorités de santé, comme le Fonds mondial de recherche contre le cancer et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), aucune donnée claire n’indique que les produits laitiers sont associés à un risque accru de cancer de la prostate.

Doctor taking notes on a chart with a male patient

Points saillants

  • Le risque de cancer de la prostate augmente avec l’âge chez les hommes. Le fait d’être d’origine noire, d’avoir des antécédents familiaux et d’avoir un excès de poids augmente le risque;
  • Il n’existe pas de données probantes selon lesquelles les produits laitiers et une alimentation riche en calcium accroissent le risque de cancer de la prostate;
  • Les données scientifiques ne justifient pas de limiter la consommation de produits laitiers dans le but de prévenir le cancer de la prostate.

Aperçu du cancer de la prostate

Selon la Société canadienne du cancer, le cancer de la prostate est le cancer le plus courant chez les hommes canadiens1. Le risque augmente avec l’âge, et la maladie est le plus souvent diagnostiquée chez les hommes dans la soixantaine. Bien qu’il n’y ait pas de cause connue, le fait d’être d’origine ethnique noire (africaine ou caribéenne), d’avoir des antécédents familiaux de cancer de la prostate et d’avoir un excès de poids augmentent le risque.

Les données scientifiques

Selon le Rapport mondial sur le cancer publié en 2020 par le CIRC de l’OMS, un nombre limité de données indiquent une association entre l’alimentation, la nutrition et les facteurs liés aux habitudes de vie, y compris les produits laitiers ou le calcium alimentaire, et le cancer de la prostate2. Le rapport du CIRC souligne qu’en raison de l’absence de données constantes sur les facteurs liés à l’alimentation et aux habitudes de vie, il est difficile d’identifier des facteurs de risque modifiables associés à la prévention du cancer de la prostate. Chez les hommes ayant reçu un diagnostic de cancer de la prostate, les facteurs de risque liés à l’obésité semblent associés à des résultats défavorables.

Selon le troisième rapport d’experts publié en 2018 par le Fonds mondial de recherche contre le cancer et l’American Institute for Cancer Research, il n’existe pas de données probantes selon lesquelles les produits laitiers ou une alimentation riche en calcium augmentent le risque de cancer de la prostate3. Le rapport3 de 2018 confirme la conclusion du deuxième rapport d’experts4, publié en 2007, qui indiquait que pour une consommation plus élevée de produits laitiers, les données suggérant un risque accru sont limitées. De plus, les données relatives à une association entre une alimentation riche en calcium et un risque accru de cancer de la prostate ont été déclassées pour passer à « limitées ou suggestives », comparativement à ce qui avait été énoncé dans le rapport publié en 2007, où elles étaient considérées comme des données convaincantes.

Les mécanismes potentiels

La vitamine D
Bien que certaines études aient suggéré qu’un déficit en vitamine D pourrait être lié à un risque accru de cancer de la prostate5, le Rapport mondial sur le cancer publié en 2020 par le CIRC indique qu’il n’y a pas de données qui démontrent de façon constante une association entre la vitamine D et le risque de cancer de la prostate2.

L’IGF-1 (facteur de croissance apparenté à l’insuline 1)

L’IGF-1 est une hormone nécessaire pour une croissance et un développement adéquats. L’IGF-1 fait partie d’un système IGF à composantes multiples qui régularise la prolifération, la différenciation et l’apoptose (mort cellulaire) des cellules normales et des cellules du cancer de la prostate5.

Le taux d’IGF-1 est augmenté par l’apport en protéines de tous types, qu’il s’agisse de protéines de source animale ou végétale. De plus, bien qu’il ait été démontré que la consommation quotidienne d’une portion de produits laitiers puisse augmenter les taux d’IGF-1, cette association n’était plus observée après avoir contrôlé l’apport total en protéines6.

Dans des études menées chez des animaux et sur les lignées cellulaires, on a émis l’hypothèse selon laquelle l’IGF-1 pourrait stimuler la croissance rapide de cellules de la prostate et inhiber la mort cellulaire. Cependant, d’après des données expérimentales et épidémiologiques, il semblerait que des taux sériques d’IGF-1 élevés seraient un marqueur tumoral plutôt qu’un facteur étiologique du cancer de la prostate5.

De plus, des données suggèrent des associations différentielles entre le lait et la voie IGF et le risque de cancer de la prostate7. La consommation de lait est associée à des taux plus élevés d’IGF-1 et d’IGFBP-3 (protéine liant le facteur de croissance apparenté à l’insuline 3). Or, tandis que l’IGF-1 pourrait être associé à un risque accru de cancer de la prostate, l’IGFBP-3 semble associé à un risque réduit de ce cancer7.

Le gras d’origine alimentaire

Dans une revue systématique et méta-analyse de la relation dose-effet publiée en 2015, Xu et coll. ont conclu que le gras n’est pas associé au cancer de la prostate8. Cette méta-analyse regroupant 14 études de cohorte et totalisant plus de 750 000 participants et 37 349 cas n’a révélé aucune donnée indiquant une association entre la consommation de gras total, saturés, polyinsaturés ou mono-insaturés et le risque de cancer de la prostate ou de cancer de la prostate avancé.

Conclusion 

La totalité des données scientifiques disponibles à ce jour ne soutient pas l’idée selon laquelle il y aurait une association probante entre la consommation de produits laitiers ou l’apport en calcium et un risque accru de cancer de la prostate. Les données sont qualifiées de suggestives et limitées.

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