Étude sur le beurre et la mortalité : analyse critique

A 2025 study published in JAMA Internal Medicine assessed the impact of butter and plant oils on mortality risk. While this study garnered some attention, its findings require careful interpretation due to important nuances which may not always be appropriately conveyed.

butter and oil

Une étude prospective portant sur trois cohortes américaines a indiqué qu’une plus grande consommation de beurre était liée à une augmentation de la mortalité totale et due au cancer, tandis qu’une plus grande consommation d’huiles végétales était associée à une plus faible mortalité toutes causes confondues, due au cancer et due aux maladies cardiovasculaires1. Cependant, les conclusions de l’étude comportent certaines nuances importantes qui pourraient ne pas avoir été adéquatement prises en compte.

Tout d’abord, il est essentiel de considérer la quantité de beurre, ainsi que la manière dont il a été consommé : 

  • Seule la consommation totale de beurre au niveau le plus élevé (13 à 14 g ou environ 1 cuillère à soupe par jour) a démontré des résultats significatifs quant à la mortalité totale. 
  • La consommation de beurre, même au niveau le plus élevé, n’était pas liée au risque de mortalité cardiovasculaire
  • Si l’on considère comment le beurre était consommé, seul le beurre utilisé sur les aliments et le pain, et non pas celui utilisé pour cuisiner, était significatif. Bien que les auteurs aient tenu compte de l’effet de confusion possible du pain, on ne sait pas exactement avec quels autres aliments le beurre a été combiné. D’autres facteurs alimentaires pourraient donc avoir influencé les associations observées. 

Par ailleurs, il est essentiel de comprendre le contexte plus large de l’alimentation et du mode de vie lors de l’interprétation de ces résultats: 

  • Qualité globale de l’alimentation : L’association entre la consommation de beurre et une mortalité totale plus élevée a été observée seulement chez les personnes ayant une alimentation de pauvre qualité, et non pas chez celles ayant une alimentation saine
  • Autres aliments clés : L’étude n’a pas évalué si les personnes utilisant des huiles végétales consommaient également plus de légumes, par exemple en utilisant de l’huile pour les vinaigrettes. Les modèles ont été ajustés pour la qualité globale de l’alimentation en utilisant l’Indice alternatif d’alimentation saine, mais n’ont pas spécifiquement pris en compte la consommation de légumes. 
  • Habitudes de vie : Les participants qui avaient une consommation totale de beurre plus élevée avaient un indice de masse corporelle (IMC) et un apport en énergie plus élevés et étaient plus susceptibles de fumer au moment de l’étude. Ils étaient également moins susceptibles d’être physiquement actifs et de prendre des multivitamines. En fait, les auteurs reconnaissent que, malgré l’ajustement pour certaines variables confondantes, un effet confondant résiduel pourrait subsister. 
    • Usage de tabac : Seule la mortalité due au cancer montrait une association significative avec la consommation de beurre, alors qu’aucun lien n’a été trouvé avec la mortalité due aux maladies cardiovasculaires. Ces résultats pourraient être influencés par le tabagisme, qui était plus commun chez les personnes qui consommaient du beurre. Bien que les chercheurs aient ajusté leur analyse pour le tabagisme, cet ajustement pourrait ne pas avoir entièrement pris en compte son effet. 

Parmi les autres limites mentionnées par les auteurs, il y a la possibilité que certains participants puissent avoir rapporté par erreur une consommation de margarine plutôt que de beurre en raison de leur apparence similaire, ainsi que la généralisabilité limitée de l’échantillon de l’étude (professionnels de la santé majoritairement blancs).  

Il est important de noter que des études robustes antérieures ont été menées sur ce sujet et n’ont révélé aucun effet indésirable résultant de la consommation de beurre. En fait, des études plus solides, par exemple une revue systématique et méta-analyse ainsi qu’une vaste étude de cohorte prospective menée dans plusieurs pays (étude PURE), soutiennent une consommation modérée de beurre dans le cadre d’une saine alimentation, et ne rapportent aucune association défavorable avec les résultats de santé, dont la mortalité2,3

De façon similaire, selon le Fonds mondial de recherche contre le cancer, la principale autorité en matière de santé en ce qui a trait à l’alimentation et au cancer, le beurre n’est pas lié au risque de cancer, notamment les cancers colorectal, de l’ovaire, du sein et de la prostate4. De plus, le beurre n’est pas mentionné dans les recommandations sur la prévention du cancer5.  

 
Pour lire l’étude complète
Cliquez-ici
Vos impressions
Est-ce que ce contenu vous a été utile?