Prévention de l’ostéoporose: améliorer la santé osseuse chez les adultes

L’ostéoporose est un problème de santé fréquent à l’échelle mondiale, et la recherche se penche de plus en plus sur le rôle de la nutrition dans sa prévention et sa prise en charge1,2. De façon générale, les données scientifiques indiquent que le lait et les produits laitiers contribuent au maintien de la densité minérale osseuse et à la prévention de la perte osseuse chez les adultes. Or, la densité minérale osseuse est considérée comme étant le plus important facteur de risque de fractures dues à la fragilité1. Par conséquent, il est essentiel de protéger la masse osseuse afin de prévenir l’ostéoporose, les fractures dues à la fragilité et les incapacités chez les adultes plus âgés et les aînés.  

Femme active en bonne santé, un genou à terre

Points saillants

  • Les produits laitiers, y compris le lait, le yogourt et le fromage, sont associés à une amélioration de la densité minérale osseuse.
  • La consommation de produits laitiers atténue la perte osseuse et est associée à un risque réduit d’ostéoporose.
  • Les protéines laitières sont associées à une densité minérale osseuse plus élevée, tandis que les protéines végétales sont associées à une densité minérale osseuse plus faible.
  • La consommation de produits laitiers est associée à un risque réduit de fractures, avec des données probantes solides appuyant cette association chez les femmes.

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?

L’ostéoporose est une maladie métabolique des os caractérisée par une diminution de la masse osseuse et une détérioration de la structure osseuse, résultant d’une perte progressive des os au fil du temps1,2. À mesure que les os deviennent plus fragiles et s’amincissent, le risque de fracture augmente, notamment au niveau de la hanche, du poignet, de la colonne vertébrale et de l’épaule2. Souvent surnommée la « voleuse silencieuse », elle touche environ 2,3 millions de Canadiens et contribue de façon significative aux fractures, aux incapacités et au risque de mortalité2. Au-delà des conséquences physiques, l’ostéoporose peut affecter la qualité de vie et entraîner des répercussions psychologiques, telles que l’isolement social, l’anxiété et la dépression1

Bien que l’ostéoporose puisse survenir à tout âge, elle est plus fréquente chez les Canadiens de plus de 50 ans2. Selon un rapport de l’Agence de la santé publique du Canada, la probabilité d’un diagnostic d’ostéoporose double tous les cinq ans entre 40 et 60 ans1. On estime que près d’une femme sur trois et d’un homme sur cinq subiront des fractures liées à l’ostéoporose, aussi connues sous le nom de « fracture de fragilisation »2. Les femmes ménopausées, en particulier celles de plus de 50 ans, présentent un risque accru, les fractures de fragilisation représentant 80 % de toutes les fractures dans cette population2

Santé osseuse et risque de fracture : Les données scientifiques

Le rôle de l’alimentation dans la prévention de l’ostéoporose est reconnu par divers organismes de santé à travers le monde, l’apport adéquat en calcium constituant un élément clé3-6. En effet, les lignes directrices canadiennes de 2023 sur l’ostéoporose et la prévention des fractures recommandent de maintenir une alimentation saine et équilibrée fournissant des quantités adéquates de protéines et répondant aux besoins en calcium afin de soutenir une santé osseuse optimale7. En plus du calcium et des protéines, le rôle bénéfique de la vitamine D dans le développement et le maintien de la santé osseuse est également bien établi, et de faibles apports de ces trois nutriments peuvent constituer un facteur de risque3,4,8-10. Au Canada, les produits laitiers fournissent du calcium facilement disponible, des protéines de haute qualité et de la vitamine D dans les produits enrichis (tels que le lait, ainsi que certains yogourts et kéfirs)3,4,11

Les sections ci-dessous résument les données probantes disponibles et offrent un bref aperçu des principaux résultats. 

Études primaires clés : Les essais et études longitudinales 

Dans une étude menée en 2025 auprès de 14 000 femmes finlandaises plus âgées, pendant 25 ans, une consommation élevée de produits laitiers liquides était associée à des réductions de 26 % et de 36 % du risque de fractures totales et de fractures ostéoporotiques, respectivement12. Une consommation élevée de fromage était associée à une diminution de 38 % du risque de fracture de la hanche, et cette association demeurait significative quel que soit le niveau de consommation. 

 
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Une étude prospective menée en 2023 auprès de 103 003 femmes de la cohorte de la Nurses’ Health Study a évalué l’association entre la consommation de produits laitiers (produits laitiers totaux, lait, yogourt et fromage) et le risque de fractures de fragilité sur une période de 24 ans13. Parmi les principaux résultats, les auteurs soulignent les points suivants : 

  • Les femmes ayant la consommation de produits laitiers la plus élevée (≥ 2 portions/jour) présentaient un risque de fractures de fragilité inférieur de 26 % comparativement aux faibles consommatrices (< 1 portion/semaine). 

    • Chaque portion additionnelle de produits laitiers était associée à une diminution de 6 % du risque de fracture. 

  • Une consommation élevée de lait (≥ 2 portions/jour) et de fromage (≥ 1 portion/jour) était associée à des réductions du risque de fracture de 15 % et de 11 %, respectivement.  

    • Chaque portion additionnelle de lait était associée à une diminution de 7 % du risque de fracture de fragilité. 

 
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Une étude de cohorte prospective menée en 2022 auprès de 1 746 adultes danois a mis en évidence une association inverse entre la consommation totale de produits laitiers fermentés et le risque de fracture après un suivi de 30 ans14

En 2021, un essai contrôlé randomisé en grappes mené pendant deux ans dans 60 établissements australiens de soins pour personnes âgées, a examiné si l’augmentation de la consommation de produits laitiers pouvait réduire les fractures et les chutes chez les adultes plus âgés15. Parmi 7 195 résidents (âge moyen 86 ans), les établissements fournissant du lait, du yogourt et du fromage supplémentaires ont permis d’atteindre des apports plus élevés en calcium (1 142 mg/jour) et en protéines (1,1 g/kg/jour) par rapport aux établissements témoins. Après seulement 3 à 5 mois, les résultats clés suivants ont été observés : 

  • Réduction de 33 % de toutes les fractures. 

  • Réduction de 46 % des fractures de la hanche. 

  • Réduction de 11 % des chutes. 

  • Aucun effet indésirable sur le plan cardiométabolique16

Ces résultats soulignent que les produits laitiers constituent une stratégie pratique pour améliorer la santé osseuse et réduire les chutes chez les résidents des établissements pour personnes âgées. 

Une étude de cohorte prospective menée en 2018 a analysé la microstructure des os chez 483 femmes postménopausées en bonne santé provenant de la Geneva Retirees Cohort17. Au début de l’étude, les femmes qui consommaient des produits laitiers fermentés (c.-à-d. du yogourt, du fromage frais, du quark et du kéfir) présentaient des os de plus grande taille, et il y avait une plus faible prévalence d’ostéoporose chez celles qui consommaient du lait et des produits laitiers fermentés. Au cours de la période de suivi d’environ 3 ans, cette étude a révélé ce qui suit : 

  • La consommation de produits laitiers fermentés était associée à une plus faible perte osseuse, indépendamment de l’apport en énergie totale, en calcium et en protéines. 

  • Les femmes qui consommaient des produits laitiers fermentés présentaient également des niveaux plus faibles en ce qui trait aux marqueurs associés à la perte osseuse. 

Une étude de cohorte prospective publiée en 2015, utilisant les données de l’Étude canadienne multicentrique sur l’ostéoporose (CaMos), a évalué les relations entre l’apport protéique total et diverses sources de protéines et la densité minérale osseuse chez 6 510 participants18. Chez les adultes de 50 ans et plus suivis pendant 5 ans, l’étude a révélé que : 

  • Les protéines d’origine laitière étaient associées à une densité minérale osseuse plus élevée.  

  • Les protéines d’origine végétale étaient associées à une densité minérale osseuse plus faible

Revues scientifiques, revues systématiques et méta-analyses 

Une revue publiée en 2024 a évalué des études observationnelles récentes et des essais contrôlés randomisés portant sur l’efficacité et l’innocuité des nutriments, de certains aliments et des profils alimentaires globaux dans la prévention de l’ostéoporose et des fractures19. Parmi les principaux constats, les auteurs soulignent les points suivants :  

  • Le risque de fracture était plus élevé chez les personnes suivant des profils alimentaires excluant les produits laitiers, tels que les régimes végétaliens. 

  • Les produits laitiers fermentés ont montré des effets protecteurs en réduisant la perte osseuse liée à l’âge, un aspect particulièrement important chez les personnes âgées compte tenu de leur risque accru de troubles liés à la santé osseuse. 

Les auteurs soulignent également que la matrice laitière, complexe et unique, contribue de façon importante aux divers effets bénéfiques observés avec les produits laitiers. 

 
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Une revue publiée en 2025 a examiné l’association entre la consommation de lait et l’ostéoporose chez des populations asiatiques à risque élevé, en mettant en lumière ses bienfaits et en abordant des défis courants tels que l’intolérance au lactose et les allergies au lait20. Les auteurs présentent les constats suivants : 

  • Les protéines laitières sont hautement digestibles et bien absorbées, soutenant le métabolisme osseux. Elles contribuent également au maintien de la masse musculaire, réduisant indirectement le risque de sarcopénie, de chutes et de fractures chez les personnes à risque d’ostéoporose. 

  • Le calcium joue un rôle essentiel dans la structure et le métabolisme osseux en stimulant l’activité des ostéoblastes. Compte tenu de la teneur élevée en calcium du lait, de sa facilité de consommation, de sa disponibilité et de son coût abordable, les auteurs soulignent le lait comme une option de premier plan pour la supplémentation alimentaire en calcium. 

  • Une consommation régulière de lait a été associée à une densité minérale osseuse plus élevée, à une meilleure solidité osseuse et à une diminution du risque de fractures, en particulier chez les populations à risque élevé, notamment les personnes âgées et les femmes postménopausées. Cet aspect est particulièrement pertinent dans les régions où la population est vieillissante. 

  • Le lait peut constituer un moyen efficace de combler des carences nutritionnelles fréquentes dans les populations ayant traditionnellement de faibles apports en calcium et en vitamine D, et les produits laitiers enrichis renforcent davantage la santé osseuse en améliorant l’absorption du calcium. 

 
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Une revue systématique et revue d’experts publiée en 2020, portant sur les effets de la consommation de produits laitiers sur la santé osseuse tout au long de la vie, a montré qu’une consommation quotidienne de produits laitiers faibles en gras ou sans gras était associée à une meilleure densité minérale osseuse du corps entier ainsi qu’à une amélioration à un ou plusieurs sites osseux lorsqu’ils étaient consommés dans le cadre d’une alimentation sain10. Cette consommation était également associée à une diminution de l’incidence des fractures chez les personnes âgées. 

 
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Une revue systématique et méta-analyse d’études randomisées, d’études de cohorte prospectives et d’études cas-témoin publiée en 2019 a examiné l’effet des produits laitiers fermentés sur des indicateurs de la santé des os chez des femmes postménopausées. Elle a révélé ce qui suit21 : 

  • Le yogourt et le fromage réduisaient les marqueurs de résorption osseuse. 

  • La consommation de yogourt était associée à une réduction de 24 % du risque de fracture de la hanche

  • Le fromage ne présentait aucune association ou présentait une association de protection contre l’ostéoporose. 

 
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En 2019, une revue systématique et méta-analyse d’études de cohorte prospectives et d’études cas-témoins portant sur les produits laitiers et le risque de fracture ont évalué la consommation de produits laitiers et les changements sur le plan de la densité minérale osseuse22.  

  • La consommation de produits laitiers était associée à une diminution du risque de fractures vertébrales

  • Chez les femmes jeunes et postménopausées, une faible consommation de lait pendant la jeunesse était liée à une densité minérale osseuse de la hanche inférieure de 1,7 à 3 % par rapport à celles ayant consommé davantage de lait. Une consommation plus élevée de lait au départ chez les personnes âgées était positivement associée aux changements de la densité minérale osseuse au niveau du grand trochanter et du radius. 

Une méta-analyse effectuée en 2013, regroupant 11 essais contrôlés randomisés incluant 2 397 participants (adultes et enfants), a examiné les effets de la consommation de lait sur la masse osseuse et les marqueurs du renouvellement osseux23. Les auteurs ont conclu que le lait a un impact favorable sur la densité osseuse et atténue la perte osseuse. Comparativement au groupe témoin, les participants qui consommaient du lait présentaient une augmentation du contenu minéral osseux et de la densité minérale osseuse de l’ensemble du corps ainsi qu’une diminution des marqueurs du renouvellement osseux associés à la perte osseuse. 

Une étude a également examiné l’influence des nutriments individuels provenant de l’alimentation quotidienne sur la santé osseuse, en explorant leurs mécanismes sous-jacents et en évaluant les avantages et les limites de quatre profils alimentaires courants24. Les auteurs soulignent que : 

  • Les protéines d’origine laitière sont considérées comme supérieures pour la santé du squelette comparativement aux protéines non laitières, probablement en raison de leur haute qualité et de la teneur élevée en calcium et en vitamine D des produits laitiers. 

  • Les peptides dérivés du lait soutiennent la santé osseuse en améliorant l’absorption du calcium, en augmentant la biodisponibilité des minéraux et en stimulant l’activité des ostéoblastes. 

  • Les régimes méditerranéens, composés d’une variété d’aliments entiers incluant les produits laitiers, sont associés à une masse osseuse plus élevée chez les femmes periménopausées ainsi qu’à une réduction des chutes et des fractures de la hanche chez les personnes âgées. 

  • La plus faible consommation de produits laitiers dans les régimes alimentaires de type oriental peut entraîner des carences en calcium, contribuant ainsi à une masse osseuse maximale réduite et à une perte osseuse accrue. 

Ces constats sont appuyés par les nouvelles recommandations alimentaires françaises en matière de prévention et de traitement de l’ostéoporose, qui préconisent un régime de type méditerranéen et une consommation quotidienne de 2 à 3 portions de produits laitiers25

 
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Conclusion

Le maintien de la densité minérale osseuse est essentiel pour réduire le risque d’ostéoporose et de fractures de fragilité. Dans l’ensemble, les données probantes montrent que les aliments laitiers contribuent de façon significative à la santé osseuse tout au long de la vie, avec des bienfaits qui vont probablement au-delà des nutriments pris individuellement et qui incluent, entre autres, l’apport en calcium, en protéines et en vitamine D. La consommation régulière de lait et de produits laitiers est associée à une densité minérale osseuse plus élevée et à des taux de perte osseuse plus faibles, ce qui appuie leur rôle en tant que stratégie alimentaire pratique pour soutenir la santé osseuse. 

 
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