Les aliments riches en protéines et l’état nutritionnel lié à l’âge chez des résidents d’établissements de soins pour personnes âgées

Une étude randomisée menée dans 60 établissements de soins de longue durée a évalué les impacts de la consommation d’aliments riches en protéines, sous forme de produits laitiers, sur l’état nutritionnel d’adultes plus âgés. Les effets protecteurs observés dans les groupes d’intervention mettent en lumière l’avantage potentiel d’intégrer de telles interventions aux politiques alimentaires des établissements de soins pour personnes âgées.

Groupe de résidents jouants des jeux

On estime que d’ici 2057, 25 % de la population mondiale aura 65 ans et plus. À l’heure actuelle, 72 % des adultes vivant dans des établissements de soins pour personnes âgées sont à risque de malnutrition, un état qui a été associé à une moins bonne santé et à la mortalité. Il est donc essentiel de mettre en œuvre des solutions pratiques et efficaces pour atténuer le fardeau de la malnutrition dans les établissements de soins de longue durée, car il est attendu que le nombre d’adultes vivant dans ces milieux augmentera avec le vieillissement de la population.

Une étude randomisée en grappes regroupant 60 établissements de soins pour personnes âgées (654 résidents) en Australie a évalué les impacts d’une augmentation de l’apport en protéines alimentaires en : 1) remplaçant les collations par des substituts à base de produits laitiers, 2) ajoutant du lait, du fromage ou du yogourt aux repas, 3) enrichissant les aliments avec du lait en poudre, 4) modifiant les recettes afin d’augmenter leur teneur en protéines à l’aide de produits laitiers. 

Globalement, l’intervention a fait passer le nombre de portions quotidiennes de lait, de fromage ou de yogourt de 2 au début de l’étude à 3,5 après 12 mois. Elle a aussi augmenté l’apport en protéines de 11 grammes par jour. L’apport en énergie des deux groupes est demeuré inchangé.

Après 12 mois, l’état nutritionnel du groupe d’intervention, mesuré au moyen de la mini évaluation nutritionnelle (MNA), est demeuré stable, tandis que les scores du groupe témoin ont diminué de manière significative. L’hémoglobine, qui peut être corrélée avec la malnutrition, a diminué dans le groupe témoin, mais n’a pas changé dans le groupe d’intervention. Les taux d’albumine ont baissé de façon comparable dans les deux groupes. Fait important, l’observance de l’intervention alimentaire a été maintenue pendant les 12 mois de l’étude et pendant les 12 mois ayant suivi la fin de l’intervention.

Dans l’ensemble, augmenter l’apport en protéines en ajoutant des produits laitiers au menu est une approche pragmatique pour protéger l’état nutritionnel des adultes vivant dans des établissements de soins de longue durée. Les auteurs notent que cette intervention a été simple à mettre en œuvre et que les participants aimaient le goût des aliments proposés, ce qui est un facteur important pour assurer l’observance. Les suppléments de protéines oraux sont pour leur part associés à une moins bonne observance à long terme. De plus, les produits laitiers fournissent un large éventail d’autres nutriments importants, comme le calcium, les vitamines B2 et B12, le zinc et la leucine. Les auteurs ont conclu que les aliments riches en protéines, comme les produits laitiers, devraient être intégrés aux politiques et lignes directrices en matière d’alimentation des établissements de soins pour personnes âgées.

 
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