Avantages de la vitamine D3 comparativement à la vitamine D2

La vitamine D existe sous deux formes principales : la vitamine D3 (cholécalciférol) et la vitamine D2 (ergocalciférol). Celles-ci diffèrent par leurs sources alimentaires, leur efficacité dabsorption, leur stabilité métabolique ainsi que par leur capacité à augmenter et à maintenir les taux sériques de vitamine D (soit les concentrations sériques de 25-hydroxyvitamine D). Découvrez les différences clés et les raisons pour lesquelles la vitamine D3 est souvent privilégiée pour optimiser les taux sériques de vitamine D.

Glasses of milk

Aperçu de la vitamine D

La vitamine D est une vitamine liposoluble qui soutient des fonctions métaboliques essentielles, notamment l’homéostasie du calcium et la santé osseuse, le fonctionnement du système immunitaire ainsi que le renouvellement cellulaire1. Les données probantes soulignent les bienfaits associés à des taux adéquats de vitamine D, notamment pour la prévention de l’ostéomalacie et du rachitisme, ainsi que pour la santé bucco-dentaire et cardiovasculaire, certains cancers, les maladies auto-immunes et certaines affections allergiques1,2.

 
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La vitamine D se présente sous deux formes différentes :

 Vitamine D3 (cholécalciférol) – Produite dans la peau humaine et animale lors de l’exposition au soleil (UVB). On la retrouve également dans certains aliments d’origine animale, comme les poissons gras, les jaunes d’œufs et certaines parties de viande (p. ex., le foie), généralement en quantités modestes mais variables.

 Vitamine D2 (ergocalciférol) – Présente dans certains champignons (p. ex., les champignons exposés aux UV) et dans certaines algues, généralement en quantités modestes mais variables.

Comme les sources alimentaires naturelles contiennent généralement peu de vitamine D et que la plupart des Canadiens n’en consomment pas suffisamment par leur alimentation, le Canada a mis en place une stratégie d’enrichissement en vitamine D. Dans le cadre de cette stratégie, le lait liquide est enrichi de manière obligatoire, avec des niveaux de vitamine D récemment augmentés, et des yogourts et kéfirs peuvent désormais également être enrichis3. Par exemple, une portion de 250 mL de lait à 2 % fournit environ 5 µg de vitamine D, soit environ 25 % de la valeur quotidienne fixée à 20 µg3. Au Canada, le lait liquide et les produits laitiers sont généralement enrichis en vitamine D3, comme indiqué sur les étiquettes des produits.

 
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Actuellement, la principale mesure du statut en vitamine D correspond aux concentrations sériques de 25-hydroxyvitamine D [25(OH)D], qui comprennent à la fois la 25(OH)D2 et la 25(OH)D3, et reflète la vitamine D synthétisée de façon endogène ainsi que celle apportée par l’alimentation et les suppléments2. Plus précisément, la supplémentation en vitamine D2 augmente les taux de 25(OH)D2, tandis qu’une supplémentation en vitamine D3 augmente les taux de 25(OH)D32. La recherche se poursuit afin de mieux comprendre les différences fonctionnelles entre les vitamines D2 et D3, notamment leur capacité à augmenter les concentrations sériques de 25(OH)D.

Les données probantes

Dans une revue systématique et méta-analyse de 2025 portant sur des essais contrôlés randomisés, une diminution des concentrations sériques de 25(OH)D3 a été observée après une supplémentation en vitamine D2 comparativement au groupe témoin1 :

  • La supplémentation en vitamine D a entraîné une diminution significative des concentrations sériques de 25(OH)D, d’environ 18 nmol/L par rapport au groupe témoin.
  • L’analyse des variations absolues a révélé que les concentrations de 25(OH)D ont diminué de 9 nmol/L dans le groupe recevant de la vitamine D.

En raison des effets défavorables de la vitamine D sur le statut en vitamine D, les auteurs de cette étude conseillent de favoriser la vitamine D.

Une revue systématique et méta-analyse de 2024 a montré que la supplémentation en vitamine D ou D augmente leurs formes hydroxylées respectives de 25(OH)D, mais que la vitamine D entraîne une augmentation plus importante de la concentration sérique totale de 25(OH)D, d’environ 10 nmol/L⁴. Par ailleurs, la vitamine D3 produit systématiquement des augmentations plus marquées que la vitamine D, même à des doses quotidiennes usuelles, ce qui indique que ses effets ne se limitent pas aux fortes doses ou à une supplémentation prolongée.

De même, une méta-analyse de 2012 d’études randomisées comparant la vitamine D et la vitamine D a conclu que la vitamine D est plus efficace pour augmenter les concentrations sériques de 25(OH)D5.

De plus, des études randomisées avec placebo plus récentes ont abouti à des conclusions similaires : la vitamine D3 est plus efficace que la vitamine D2 pour augmenter et maintenir des concentrations sériques de 25(OH)D plus élevées6,7. Il a également été démontré que les suppléments de vitamine D pourraient être plus efficaces que ceux de vitamine D pour augmenter les concentrations sériques de 25(OH)D chez les personnes âgées et pour les maintenir pendant l’hiver8,9.

Certaines études ont montré qu’une supplémentation en vitamine D₂, qu’elle soit administrée quotidiennement ou sous forme de dose de charge, pouvait être aussi efficace que la vitamine D₃ pour augmenter et maintenir les concentrations sériques de 25(OH)D à court terme. Toutefois, à long terme, la vitamine D3 semble permettre un meilleur maintien de ces taux9-11.

Au Canada, le lait est généralement enrichi en vitamine D3. Il a été démontré que cette forme de vitamine D est plus efficace que la vitamine D2 pour augmenter les concentrations sériques de 25(OH)D.

Mécanismes potentiels

Plusieurs mécanismes pourraient expliquer pourquoi l'activité biologique de la vitamine D3 est supérieure à celle de la vitamine D2. Parmi eux, la vitamine D présente une meilleure affinité pour la protéine de liaison de la vitamine D ainsi que pour son récepteur, et il a été suggéré qu’elle constitue le substrat préféré de l’enzyme hydroxylase hépatique, qui convertit la vitamine D en 25(OH)D1,12. Ces facteurs jouent un rôle déterminant dans l'activation de la vitamine D dans l'organisme. De plus, la vitamine D2 pourrait avoir une demi-vie plus courte que la vitamine D34,13.

Il convient de noter que, outre son efficacité biologique plus faible, la vitamine D est beaucoup moins stable que la vitamine D, en particulier sous forme de poudre cristalline, qui peut être affectée par la température, l’humidité et les conditions de stockage. De plus, certaines données suggèrent que la vitamine D pourrait présenter un potentiel de toxicité légèrement plus élevé, probablement en raison de sa moindre affinité pour la protéine de transport de la vitamine D dans le plasma, entraînant des concentrations sériques plus élevées de formes libres et biologiquement actives de vitamine D12.

 
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Dans l’ensemble, les données probantes indiquent que la vitamine D augmente plus efficacement les concentrations sériques de 25(OH)D que la vitamine D, et que les aliments enrichis, comme le lait canadien ainsi que certains yogourts et kéfirs, peuvent contribuer à couvrir les besoins nutritionnels et à maintenir un statut adéquat en vitamine D.

 
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