Gras laitier, santé cardiométabolique et qualité de l’alimentation

Des recherches récentes viennent remettre en question des idées reçues bien établies au sujet du rôle du gras laitier dans les modèles alimentaires sains et la santé cardiométabolique. En effet, une étude randomisée de 12 semaines a montré que l’ajout de 3 portions quotidiennes de produits laitiers à pleine teneur en gras à une alimentation saine n’avait pas d’effet nuisible sur la composition corporelle ou les marqueurs de risque cardiométabolique chez des adultes présentant un excès de poids ou obèses, et était associé à une amélioration de l’apport en protéines et en calcium, ainsi qu’à une bonne adhésion au Guide alimentaire canadien

womam pouring milk in a bowl

Alors que 2,6 millions de personnes vivent avec des maladies cardiovasculaires au Canada et que l’obésité touche un tiers de la population, la nutrition continue d’avoir un rôle essentiel à jouer pour atténuer le risque cardiométabolique. Dans ce contexte, la recherche continue de montrer que les produits laitiers, qu’ils soient à pleine teneur ou à teneur réduite en gras, sont associés à un poids corporel, un tour de taille et des profils des lipides sanguins favorables, mettant en lumière des effets qui vont au-delà des perceptions traditionnelles entourant le gras laitier. 

Une étude de 2026 a évalué les effets métaboliques et nutritionnels de la consommation de 3 portions quotidiennes de produits laitiers à pleine teneur en gras pendant 12 semaines chez des adultes en santé ayant un excès de poids ou de l’obésité (indice de masse corporelle [IMC] entre 25 et 34,9 kg/m2).  

Cette étude randomisée en parallèle et à simple insu regroupait 74 adultes répartis en 3 groupes suivant un régime alimentaire conforme au Guide alimentaire canadien, avec des différences quant à la consommation de produits laitiers et à l’apport calorique : 

  1. Groupe à faible consommation de produits laitiers avec restriction énergétique : Réduction de l’apport énergétique total de 500 kcal avec une consommation de < 1 portion quotidienne de produits laitiers à teneur réduite en gras (ou de produits à base de plantes). 

  1. Groupe à consommation plus élevée de produits laitiers avec apport énergétique neutre : Consommation de 3 portions quotidiennes de produits laitiers à pleine teneur en gras avec une réduction de l’apport énergétique de 500 kcal afin de rester énergétiquement neutre. 

  1. Groupe à consommation plus élevée de produits laitiers avec apport énergétique à volonté : Consommation de 3 portions quotidiennes de produits laitiers à pleine teneur en gras sans aucune instruction quant à l’apport calorique. 

Les participants des deux groupes à consommation plus élevée de produits laitiers ont reçu pour instruction de consommer les produits laitiers à pleine teneur en gras suivants :  

  • Déjeuner : 250 ml de lait (3,25 % de matières grasses) à consommer avec une portion de glucides 

  • Dîner : Un contenant de 100 g de yogourt grec à 2 % de matières grasses (saveurs assorties) 

  • Souper : Deux bâtonnets de fromage de 21 g (31 % de matières grasses) 

Les participants ont assisté sur une période de 12 semaines à 6 visites de suivi comprenant des séances avec une diététiste pour favoriser l’adhésion au Guide alimentaire canadien de 2019 et, pour les groupes concernés, des conseils sur la restriction calorique. 

 
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Principaux résultats de l’étude 

Sur 12 semaines, la consommation de trois portions quotidiennes de produits laitiers à pleine teneur en gras, que ce soit dans le cadre d’une alimentation énergétiquement neutre ou à volonté, n’a pas eu d’effets notables sur les mesures anthropométriques ou de composition corporelle. Une consommation plus élevée de produits laitiers était associée à une amélioration des apports en nutriments clés, dont le calcium, le potassium, le magnésium et la vitamine D. Des réductions de la tension artérielle systolique ont été observées dans le groupe à faible consommation de produits laitiers avec restriction énergétique et dans le groupe à consommation plus élevée de produits laitiers avec apport énergétique à volonté, mais la différence entre les trois groupes d’étude n’était pas significative, et aucun changement n’a été constaté quant aux marqueurs métaboliques sanguins, notamment le glucose, le cholestérol et la HbA1c. 

Mesures anthropométriques 

Bien que des changements modestes de poids et d’IMC soient survenus dans les groupes au fil du temps, il n’y avait pas de différences entre les groupes en ce qui concerne le poids ou l’IMC au début ou à la fin de l’étude. Le tour des hanches a diminué dans le groupe à consommation plus élevée de produits laitiers avec apport énergétique à volonté, bien que cela ne se soit pas traduit par des différences significatives entre les groupes. Il est important de noter qu’en dépit d’un apport énergétique non restreint et d’une consommation accrue de produits laitiers à pleine teneur en gras, le groupe à consommation plus élevée de produits laitiers avec apport énergétique à volonté a maintenu son poids corporel et son IMC pendant toute la durée de l’intervention. Les auteurs proposent que la matrice laitière pourrait avoir contribué à la régulation de l’appétit et de l’apport énergétique. 

 
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Tension artérielle et marqueurs métaboliques sanguins 

Aucune différence entre les groupes ni aucun changement au fil du temps été observée pour la glycémie, le cholestérol (LDL, HDL, cholestérol total et non HDL) ou la HbA1c. Par ailleurs, des réductions de la tension artérielle systolique ont été observées à la fois dans le groupe à faible consommation de produits laitiers avec restriction énergétique et dans le groupe à consommation plus élevée de produits laitiers avec apport énergétique à volonté. Cependant, ceci ne s’est pas traduit en différence statistiquement significative entre les 3 groupes. Les auteurs notent que ces réductions observées au sein des groupes concordent avec les données existantes et estiment que d’autres études sur les effets du gras laitier et de la matrice laitière sur la régulation de la tension artérielle serait justifiées. 

 
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Résultats quant à l’apport en nutriments 

Une consommation plus importante de produits laitiers à pleine teneur en gras a été associée à une augmentation de l’énergie, des protéines, des lipides, du calcium, de la vitamine D, du potassium et du magnésium, alors que ces changements n’ont pas été observés dans le groupe à faible consommation de produits laitiers avec restriction énergétique. Il est intéressant de noter que les participants du groupe à faible consommation de produits laitiers, qui consommaient des produits laitiers à teneur réduite en gras, tiraient une plus grande proportion de leur énergie totale des lipides (42 %) que ceux des groupes à consommation plus élevée de produits laitiers, qui consommaient des produits laitiers à pleine teneur en gras (38 %). 

 
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Les deux groupes à consommation plus élevée de produits laitiers ont atteint des apports en calcium dépassant l’apport en calcium recommandé de 1 000 mg/jour (moyenne de 1 110 mg/jour), tandis que dans le groupe à faible consommation de produits laitiers avec restriction énergétique, l’apport était de 760 mg/jour.  

 
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Les apports en magnésium et en potassium, qui étaient inférieurs au niveau recommandé au début de l’étude, ont augmenté chez les femmes des groupes à consommation plus élevée de produits laitiers et atteignaient les besoins quotidiens à la fin de l’étude.

 
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L’apport en vitamine D est resté inférieur à l’apport nutritionnel recommandé de 600 UI. Cependant, les données ont été recueillies entre septembre 2020 et février 2023, pendant la période de transition de l’enrichissement du lait au Canada. La teneur en vitamine D du lait et de certains produits laitiers pourrait donc avoir varié. 

 
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Aucun changement significatif n’a été observé dans les apports en vitamine A, vitamine B2 ou vitamine B12 pendant la période de 12 semaines. 

Par ailleurs, tous les groupes de l’intervention avaient une alimentation plus conforme au Guide alimentaire canadien

Dans l’ensemble, l’étude souligne que 3 portions quotidiennes de produits laitiers à pleine teneur en gras sont compatibles avec le Guide alimentaire canadien. De plus, une consommation plus élevée de produits laitiers à pleine teneur en gras a été associée à des apports plus importants en nutriments et à une amélioration de la qualité globale de l’alimentation chez les adultes en excès de poids ou obèses, sans impact significatif sur les mesures anthropométriques et biochimiques. Les auteurs soulignent la nécessité de reconsidérer les perspectives traditionnelles sur le gras laitier et incitent à poursuivre les recherches sur les effets complexes de la matrice laitière. 

 
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